Micro-métrage est un roman choral où chaque voix claque comme une réplique de vidéoclub. L’intrigue, puzzle non linéaire façon Pulp Fiction, rembobine et accélère dans les ruelles d’une ville portuaire saturée de néons eighties et d’enseignes « VHS Only ». Flic veuf accro aux cassettes, cambrioleuse collectionneuse de coffres, vendeurs de blockbusters découpés à la hache, parrain du cannabis hydroponique : tous tentent désespérément de reprendre le contrôle du montage de leur vie, quitte à recoller les plans à la super-glue.
Entre humour noir et éclats de violence, le récit propulse le lecteur dans un grand huit haletant : on lit en apnée, on virevolte d’une scène à l’autre, puis on retombe, sonné, sur le béton mouillé des docks. Les thèmes de la cinéphilie clandestine, des destinées remixées et de la vengeance sous sodium se fondent dans une ambiance rétro où la bande-son oscille entre synthés 80’s et crépitements de pellicule brûlée.
Un thriller drôle, sombre, souvent brutal, plein de suspense et de loopings narratifs, qui prouve qu’un simple appui sur Stop… ou Play peut tout faire exploser.